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Reins et Intestins à l'Épreuve du Marathon : L'Hydratation est-elle un Bouclier Suffisant ?

Analyse des biomarqueurs de stress organique après le Marathon de Boston 2024 - 2025

Conclusion Principale

Le marathon produit un niveau de stress significatif sur les systèmes gastro-intestinal et rénal, indépendamment du sexe biologique ou de l'âge. Fait majeur : ces augmentations de marqueurs de lésions persistent même lorsque l'hypohydratation sévère est évitée, suggérant que le maintien de l'hydratation ne peut pas compenser totalement le risque de blessure organique lié à l'effort prolongé.

Méthodologie de la Revue

Type d'Étude

Étude observationnelle de terrain réalisée lors du Marathon de Boston 2024.

Domaines Évalués

Physiologie de l'effort, néphrologie, barrière intestinale, dommages musculaires et hydratation.

Base de Preuves

72 coureurs (34 hommes, 38 femmes ; âge moyen 50 ± 11 ans ; temps de course 3:45 ± 0:32) avec analyses de sang et d'urine avant et après l'épreuve.

Résultats Clés

88%
Des coureurs au-dessus du seuil de risque de lésion rénale aiguë
75%
Des athlètes présentant des lésions intestinales cellulaires significatives
x1455
Facteur d'augmentation maximale des marqueurs de stress post-course
0 diff.
Aucune différence de réponse notée entre les sexes ou les âges

Stress Systémique et Lésions

  • Lésions intestinales : Augmentation massive de l'I-FABP et de la sCD14, indiquant des dommages cellulaires et une translocation microbienne potentielle.
  • Risque Rénal (AKI) : Explosion des biomarqueurs urinaires (TIMP-2, IGFBP7, NGAL, KIM-1) suggérant un risque élevé de lésion rénale aiguë transitoire.
  • Dommages musculaires : Élévation significative de la créatine kinase (CK), amplifiée par le dénivelé négatif du parcours.
  • Paradoxe de l'hydratation : Les dommages surviennent même chez les coureurs qui ont réussi à rester bien hydratés pendant la course.

Influence du Profil Athlétique

  • Sexe biologique : Les femmes ne présentent pas de protection particulière contre l'ischémie-reperfusion organique lors d'un marathon par rapport aux hommes.
  • Facteur Âge : Aucune différence notable entre les jeunes adultes (18-39 ans) et les seniors de plus de 60 ans sur l'intensité du stress organique.
  • Vitesse de course : Le temps final n'était pas un prédicteur significatif de l'ampleur des biomarqueurs de stress.

La Découverte Majeure

L'hydratation n'est pas un bouclier total

L'étude révèle que la lésion rénale et intestinale est principalement pilotée par l'hypoperfusion (manque de sang vers les organes au profit des muscles et de la peau) et la chaleur métabolique, et non uniquement par le manque d'eau.

Pas d'effet protecteur du statut hydrique

Les biomarqueurs de blessure étaient similaires entre les coureurs parfaitement hydratés et ceux en légère hypohydratation, prouvant que boire "assez" ne suffit pas à annuler le stress organique du marathon.

Implications Pratiques

  1. Respectez la récupération systémique : Considérez qu'après un marathon, vos reins et intestins sont physiologiquement "blessés" même en l'absence de symptômes. Évitez les anti-inflammatoires (AINS) qui majorent le stress rénal.
  2. Spécificité de l'entraînement : Le système digestif doit être entraîné à fonctionner sous hypoperfusion relative par des sorties longues avec ravitaillement.
  3. Gestion thermique prioritaire : Puisque l'hydratation ne résout pas tout, le refroidissement actif (éponges, eau sur la peau) est crucial pour limiter la dérivation sanguine vers la peau et préserver les organes.
  4. Vigilance post-course : Surveillez la reprise de la miction et la couleur des urines dans les 24h suivant l'effort pour détecter une récupération rénale normale.
  5. Stratégie universelle : Ne modifiez pas vos précautions de santé en fonction de votre sexe ou de votre âge ; le stress organique est une réponse universelle à cette intensité d'effort.

Limites de l'approche d'hydratation actuelle

Bien que l'hydratation soit vitale pour la performance, elle présente des limites dans la protection des organes internes lors d'efforts extrêmes.

Limitations techniques : Les prélèvements de base ont été faits 2 jours avant la course, ce qui peut inclure une variabilité quotidienne.

Limitations physiologiques : L'étude n'incluait pas de mesures précises de l'apport nutritionnel et hydrique exact kilomètre par kilomètre pendant la course.

Limitations pratiques : Le profil du Marathon de Boston (descentes importantes) engendre des dommages musculaires spécifiques qui peuvent influencer les biomarqueurs rénaux (myoglobine).

Limitations psychologiques : L'influence du stress compétitif et du sommeil pré-course n'a pas été quantifiée.

Priorités de Recherche Future

Pour mieux protéger les athlètes d'endurance, de nouveaux axes doivent être explorés :

Axe de recherche 1 : Utilisation de capteurs biosenseurs portables pour monitorer en temps réel le stress organique pendant l'effort.

Axe de recherche 2 : Impact de différentes stratégies de ravitaillement (haut vs bas glucides) sur les marqueurs de lésions intestinales.

Axe de recherche 3 : Rôle de l'entraînement en chaleur ou spécifique au dénivelé négatif dans la mitigation des biomarqueurs de stress.

Axe de recherche 4 : Évaluation de la cinétique de récupération complète au-delà de 24h pour définir des protocoles de retour à l'entraînement sécurisés.

Source : Journal of Applied Physiology doi:10.1152/japp/physiol.00775.2025

Research Article

Biomarkers of organ stress and injury following the Boston Marathon

Zachary J. McKenna, Whitley C. Atkins, Cory L. Butts, Xiujing Zhao, Abigail K. Morris, Rosie Perez, Shawn C. Wierick, Sarah Gustus, and Brendon P. McDermott

University of Arkansas, University of New Mexico, University of Texas, Massachusetts General Hospital

Published October 17, 2025 - Copyright © 2025 The Authors