Le marathon produit un niveau de stress significatif sur les systèmes gastro-intestinal et rénal, indépendamment du sexe biologique ou de l'âge. Fait majeur : ces augmentations de marqueurs de lésions persistent même lorsque l'hypohydratation sévère est évitée, suggérant que le maintien de l'hydratation ne peut pas compenser totalement le risque de blessure organique lié à l'effort prolongé.
Étude observationnelle de terrain réalisée lors du Marathon de Boston 2024.
Physiologie de l'effort, néphrologie, barrière intestinale, dommages musculaires et hydratation.
72 coureurs (34 hommes, 38 femmes ; âge moyen 50 ± 11 ans ; temps de course 3:45 ± 0:32) avec analyses de sang et d'urine avant et après l'épreuve.
L'étude révèle que la lésion rénale et intestinale est principalement pilotée par l'hypoperfusion (manque de sang vers les organes au profit des muscles et de la peau) et la chaleur métabolique, et non uniquement par le manque d'eau.
Pas d'effet protecteur du statut hydrique
Les biomarqueurs de blessure étaient similaires entre les coureurs parfaitement hydratés et ceux en légère hypohydratation, prouvant que boire "assez" ne suffit pas à annuler le stress organique du marathon.
Bien que l'hydratation soit vitale pour la performance, elle présente des limites dans la protection des organes internes lors d'efforts extrêmes.
Limitations techniques : Les prélèvements de base ont été faits 2 jours avant la course, ce qui peut inclure une variabilité quotidienne.
Limitations physiologiques : L'étude n'incluait pas de mesures précises de l'apport nutritionnel et hydrique exact kilomètre par kilomètre pendant la course.
Limitations pratiques : Le profil du Marathon de Boston (descentes importantes) engendre des dommages musculaires spécifiques qui peuvent influencer les biomarqueurs rénaux (myoglobine).
Limitations psychologiques : L'influence du stress compétitif et du sommeil pré-course n'a pas été quantifiée.
Pour mieux protéger les athlètes d'endurance, de nouveaux axes doivent être explorés :
Axe de recherche 1 : Utilisation de capteurs biosenseurs portables pour monitorer en temps réel le stress organique pendant l'effort.
Axe de recherche 2 : Impact de différentes stratégies de ravitaillement (haut vs bas glucides) sur les marqueurs de lésions intestinales.
Axe de recherche 3 : Rôle de l'entraînement en chaleur ou spécifique au dénivelé négatif dans la mitigation des biomarqueurs de stress.
Axe de recherche 4 : Évaluation de la cinétique de récupération complète au-delà de 24h pour définir des protocoles de retour à l'entraînement sécurisés.
Source : Journal of Applied Physiology doi:10.1152/japp/physiol.00775.2025
Research Article
Biomarkers of organ stress and injury following the Boston Marathon
Zachary J. McKenna, Whitley C. Atkins, Cory L. Butts, Xiujing Zhao, Abigail K. Morris, Rosie Perez, Shawn C. Wierick, Sarah Gustus, and Brendon P. McDermott
University of Arkansas, University of New Mexico, University of Texas, Massachusetts General Hospital
Published October 17, 2025 - Copyright © 2025 The Authors