Keller et al. (IJSPP, 2026) — 10 triathlètes, un protocole test-retest, la preuve que la performance sous fatigue est mesurable
Le VO2max frais ne suffit pas pour prédire la performance en triathlon. Cette étude prouve qu'on peut mesurer de façon fiable le profil physiologique sous fatigue post-vélo — VO2peak, seuils lactate, coût en oxygène — avec une reproductibilité excellente (ICC ≥ 0.845, erreur ≤ 3.6%). La durabilité n'est plus un concept flou : c'est une donnée mesurable et suivable dans le temps.
Test de fiabilité test-retest. Chaque participant réalise le protocole complet 2 fois dans des conditions identiques.
10 triathlètes bien entraînés — 5 femmes, 5 hommes, VO2peak moyen de 60.4 mL/min/kg.
Test jusqu'à épuisement pour déterminer le VO2peak vélo et les seuils lactate vélo.
Dosé en volume de travail : 20 kJ/kg pour les hommes, 15 kJ/kg pour les femmes. Simule la charge vélo pré-course à pied. L'intensité est standardisée par rapport au profil individuel de chaque athlète.
Test jusqu'à épuisement en état de fatigue post-vélo. Mesure du VO2peak course, seuils lactate course, coût en oxygène, oxydation des substrats — le tout sous fatigue.
➡️ On peut mesurer de façon fiable et reproductible la capacité de course sous fatigue post-vélo. Et la suivre dans le temps pour quantifier la progression.
➡️ Tout n'est pas mesurable sous fatigue. La répartition énergétique (lipides vs glucides) varie trop d'un test à l'autre pour être exploitable. Pour calibrer la nutrition, un test frais reste la référence.
Si tu testes ta course au repos ET après un vélo calibré, la différence entre les deux profils te donne ton coût de la fatigue. Et ce coût est reproductible — donc suivable dans le temps.
Concrètement : si ton VO2peak chute de 5% après le vélo en janvier et de seulement 2% en mai avec le même protocole, ta durabilité a progressé. Ce n'est plus une impression subjective — c'est une donnée.
Le VO2max frais ne raconte qu'une partie de l'histoire. Le profil fatigué est l'indicateur qui compte pour prédire ta performance le jour J. Si tu ne testes que frais, tu ne sais pas ce que tu vaux vraiment en course à pied.
Pas besoin d'un labo pour appliquer le principe. Un brick calibré suffit :
Refaire le même protocole dans les mêmes conditions. Si la dérive diminue à allure égale, la durabilité progresse. C'est le principe du suivi longitudinal : la valeur absolue compte moins que la tendance.
L'allure marathon Ironman ne devrait pas être basée sur un test frais, mais sur ce que tu tiens après le vélo. C'est la différence entre un plan théorique et un plan qui tient la route sur 42 km.
Cette étude valide scientifiquement ce que nous mesurons avec le BPC Durability Index : la performance sous fatigue, pas au repos.
Source : International Journal of Sports Physiology and Performance (IJSPP)
Titre original : Reliability of a Cycling-to-Running Transition Protocol to Assess Running Performance After Cycling in Triathletes
Keller et al. — Volume 21(2), pages 322-329, janvier 2026
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