Une étude longitudinale exceptionnelle suit 427 individus de l'adolescence à la soixantaine. Quand atteint-on notre pic réel ? Comment ralentir l'inéluctable déclin ?
Le pic de capacité aérobie et d'endurance musculaire se situe vers 35 ans. Passé 40 ans, le déclin s'accélère (-2% à -2,5%/an), mais le maintien d'une activité physique permet de conserver des capacités supérieures à la moyenne et de creuser un écart massif avec les sédentaires.
En tant que triathlètes, nous sommes obsédés par la progression. Mais il existe une réalité physiologique avec laquelle nous devons tous composer : le vieillissement. Jusqu'à présent, la plupart des données provenaient d'études transversales (comparant des jeunes vs des vieux à un instant T) ou d'athlètes Masters d'élite.
L'étude que nous analysons aujourd'hui est une pépite rare dans le monde scientifique : l'étude SPAF (Swedish Physical Activity and Fitness). Les chercheurs ont suivi les mêmes individus (nés en 1958) de l'âge de 16 ans jusqu'à 63 ans. C'est un regard brut, sans filtre, sur l'évolution du corps humain sur près d'un demi-siècle.
L'une des questions les plus fréquentes chez les athlètes d'endurance concerne l'âge du pic de performance. L'étude apporte des réponses précises :
Note du Labo : Contrairement à la croyance populaire, le déclin ne commence pas dès la sortie de l'adolescence pour l'endurance. Vous avez une fenêtre de progression naturelle jusqu'à 35 ans environ.
Une fois le pic passé, la courbe s'inverse. Ce qui est fascinant, c'est l'accélération de ce processus :
Au total, de votre pic de forme jusqu'à 63 ans, la perte de capacité physique varie entre 30% et 48% selon les métriques. C'est un chiffre brutal, mais c'est une moyenne populationnelle.
C'est ici que l'étude devient cruciale pour nous, triathlètes. Les chercheurs ont observé un phénomène de "divergence massive" avec l'âge.
À 16 ans, les écarts de performance entre les individus sont faibles. À 63 ans, la variance explose :
Traduction : Plus on vieillit, plus le fossé se creuse entre ceux qui s'entraînent et ceux qui sont sédentaires. Si la génétique joue un rôle au départ, c'est le mode de vie qui dicte le résultat final. À 60 ans, un triathlète actif n'est plus du tout dans la même catégorie biologique qu'un sédentaire du même âge.
L'étude a analysé l'impact d'un changement de mode de vie. Les participants qui étaient inactifs et sont devenus actifs à l'âge adulte ont vu leurs capacités augmenter significativement :
Même si vous avez commencé le sport sur le tard, vous pouvez inverser la courbe temporairement et ralentir la chute ensuite.
Comment utiliser ces données pour optimiser votre entraînement BPC ?
Journal : Journal of Cachexia, Sarcopenia and Muscle
Titre original : Rise and Fall of Physical Capacity in a General Population: A 47-Year
Longitudinal Study
Auteurs : Maria Westerståhl, Gustav Jörnåker, Eva Jansson, Ulrika Aasa, Michael Ingre,
Brun Ulfhake, Kaveh Pourhamidi, Thomas Gustafsson
Date : 13 Octobre 2025 |
DOI: 10.1002/jcsm.70134
© 2025 The Authors