Prévu : 4’19/km. Réalisé : 4’20/km. Après 90 km de vélo. C’est là que la performance de Frédéric Monzy à l’IRONMAN 70.3 Alcúdia-Mallorca devient intéressante.
Le résultat officiel
Frédéric Monzy termine l’IRONMAN 70.3 Alcúdia-Mallorca 2026 en 5h04’43, en catégorie publique M50-54.
Splits officiels IRONMAN
- Classement : 254e overall, 245e homme, 19e M50-54.
- Natation : 32’41.
- T1 : 4’55.
- Vélo : 2h52’04.
- T2 : 3’52.
- Course à pied : 1h31’11.
Ces chiffres donnent le résultat. Mais ils ne suffisent pas à comprendre la course. Pour ça, il faut regarder le prévisionnel, puis le réalisé.
Le vrai signal : la course à pied confirme le pilotage
Avant course, la cible à pied était claire : 4’19/km, avec une zone cardio visée autour de 159-163 bpm et une charge prévue de 101 TSS.
Le réalisé : 1h31’02 sur les données de course, 1h31’11 au split officiel IRONMAN, soit 4’20/km, avec 159 bpm moyen, 98 TSS et un RPE 5/10.
Quand l’allure prévue était 4’19/km et que l’allure réalisée est 4’20/km après 90 km de vélo, on n’est pas seulement sur un bon semi. On est sur une course pilotée.
C’est le point central. L’objectif n’était pas de “survivre” au semi. L’objectif était d’arriver à pied avec assez de fraîcheur relative pour courir proche du plan, sans explosion, sans dérive majeure, sans payer une dette créée à vélo.
Le vélo : un moyen, pas le centre de l’article
Sur 70.3, le vélo est souvent le segment où l’athlète peut gagner du temps, mais aussi perdre sa course. Un vélo trop cher se paie rarement tout de suite. Il se paie souvent entre le 8e et le 18e kilomètre à pied.
Le plan vélo de Fred était construit autour d’une FTP de 254 W, avec une cible de 216 W NP, une zone cardio de 156-159 bpm, une montée autour de 224 W et un plafond cardio autour de 163 bpm. Charge prévue : 191 TSS.
Le réalisé vélo : 210 W NP, 202 W moyens, VI 1.04, 191 TSS, 141 bpm moyen, 149 bpm max, RPE 5/10.
Pourquoi le VI 1.04 compte
Un VI à 1.04 indique un effort très régulier, avec peu de variations inutiles. Sur un parcours comme Mallorca, ce n’est pas anodin.
Un vélo irrégulier peut donner l’impression d’être performant parce qu’il “pousse fort” par moments. Mais ces à-coups créent souvent une fatigue cachée : pics de puissance, relances trop appuyées, montées trop chères, descentes mal utilisées, effort qui devient nerveux.
Ici, le signal est différent : NP proche de la cible, TSS conforme au plan, RPE modéré, et semi derrière quasiment conforme à l’allure prévue. C’est ce croisement qui rend l’analyse solide.
Le cardio vélo : à lire avec prudence
La moyenne cardio vélo, 141 bpm, est inférieure à la cible prévue. Il ne faut pas la lire trop vite.
Plusieurs facteurs peuvent influencer cette moyenne : capteur, descentes, dynamique du parcours, distribution de l’effort, moments sans pédalage ou différences de captation selon les appareils.
Le signal important n’est donc pas “le cardio était bas donc c’était facile”. Le signal important est le croisement : 210 W NP, VI 1.04, 191 TSS, RPE 5/10 et semi à 4’20/km. Ensemble, ces données indiquent surtout que Fred n’a pas surpayé son vélo.
Prévisionnel vs réalisé : la méthode derrière la performance
Une analyse utile ne consiste pas à applaudir un résultat après coup. Elle consiste à comparer ce qui était prévu avec ce qui a été réalisé.
Vélo
- Prévu : 216 W NP, 191 TSS.
- Réalisé : 210 W NP, 191 TSS.
- Lecture : intensité légèrement sous la cible de puissance normalisée, charge conforme, effort très régulier.
Course à pied
- Prévu : 4’19/km, 159-163 bpm, 101 TSS.
- Réalisé : 4’20/km, 159 bpm moyen, 98 TSS.
- Lecture : exécution très proche du plan, avec une intensité ressentie maîtrisée.
Les splits officiels et les données capteurs peuvent toujours différer légèrement : déclenchement, GPS, auto-pause, distance mesurée, définition exacte du segment. Ce n’est pas un problème si on garde la bonne lecture : est-ce que la course produite correspond à l’intention de départ ? Ici, oui.
Performance Durable : courir ce qu’on avait prévu
La Performance Durable ne consiste pas à faire le vélo le plus impressionnant possible. Elle consiste à construire une course complète.
Sur 70.3, le bon vélo est celui qui permet de courir le semi prévu. Pas seulement celui qui donne un bon split intermédiaire.
Chez Fred, le résultat final de 5h04’43 est important. Mais la preuve de méthode est ailleurs : dans la cohérence entre le plan, les watts, la régularité, la charge, le ressenti et l’allure à pied.
C’est cette cohérence qui transforme une performance en information exploitable pour la suite.
Ce qu’un triathlète peut retenir
- Un plan vélo doit être construit pour protéger la course à pied.
- Le TSS n’a de sens que croisé avec NP, VI, cardio, RPE et résultat à pied.
- Le chrono vélo n’est pas toujours le meilleur repère de pilotage.
- Une course réussie, c’est souvent une course où le réalisé ressemble au prévu.
Si tu veux construire un 70.3 solide, commence par cette question : quelle allure veux-tu encore être capable de tenir après le vélo ? Ensuite seulement, construis le vélo qui rend cette allure possible.
Source officielle
Résultat officiel IRONMAN : IRONMAN 70.3 Alcúdia-Mallorca 2026.