Le 5 septembre 2026, François Bodic franchit la ligne du Triathlon XL de Gérardmer en 4 h 51 min 46 s et monte sur la troisième marche du podium V1H. Après le vélo, il est 56e. Il termine 42e, grâce à un semi-marathon couru en 1 h 21 min 19 s.
Mon débrief commence au moment où François pose le vélo, en 56e position. Il vient de couvrir 94,01 km et 1 855 m de dénivelé positif presque exactement dans les chiffres prévus. Il lui reste pourtant de quoi courir autour de 3 min 52 s/km sur le parcours accidenté de Gérardmer.
14 places gagnées après T2
| Discipline | Temps officiel | Rang de discipline |
|---|---|---|
| Natation | 29 min 35 s | 111e |
| Vélo | 2 h 55 min 59 s | 61e |
| Course à pied | 1 h 21 min 19 s | 36e |
Avec les transitions de 2 min 30 s et 2 min 22 s, François boucle l'épreuve en 4 h 51 min 46 s. Il prend la 42e place sur 1 706 classés et la 3e place V1H sur 226. Les 14 positions gagnées entre T2 et l'arrivée donnent déjà une indication fonctionnelle de ce que son vélo lui a laissé.
À vélo, le plan et le réalisé se superposent presque
| Indicateur | Prévu | Réalisé |
|---|---|---|
| Durée | 2 h 55 min | 2 h 55 min 03 s sur l'appareil |
| Puissance normalisée | 265 W | 266 W |
| Intensity Factor | environ 0,849 | 0,853 |
| Charge calculée | 210 TSS | 212 TSS |
Sur ces quatre repères centraux, l'écart est minuscule : trois secondes sur le temps enregistré, un watt de NP et deux points de TSS. La puissance moyenne est de 238 W, la fréquence cardiaque moyenne de 131 bpm et le maximum de 156 bpm. Le chrono officiel, qui inclut le découpage de l'organisation, est de 2 h 55 min 59 s.
Tenir 266 W NP avec un IF de 0,853, pour 212 TSS sur un parcours qui cumule 1 855 m D+, représente une vraie charge vélo. Le chiffre qui change la lecture arrive après T2 : François court encore 1 h 21 min 19 s.
Un VI élevé n'est pas automatiquement un mauvais pacing
Le rapport entre la puissance normalisée et la puissance moyenne donne ici un indice de variabilité de 1,118. Sur un parcours roulant, ce chiffre appellerait une vraie discussion sur les relances et les pics inutiles. À Gérardmer, il traduit aussi l'alternance entre les ascensions, les descentes et les phases où la puissance chute fortement. Sans les courbes détaillées par montée, impossible de départager précisément la variabilité imposée par le relief de celle produite par les décisions de pilotage.
Les tours officiels passent en 59 min 26 s, 58 min 47 s puis 57 min 46 s. Le troisième est 1 min 40 s plus rapide que le premier. Ces trois chronos montrent surtout l'absence de ralentissement global. Pour savoir comment François a réparti sa puissance, il faudrait les courbes par ascension ; le vent, le trafic, la chaussée et la vitesse prise dans les descentes peuvent aussi déplacer le chrono.
Les conditions étaient fraîches, autour de 16 à 19 °C pendant la course, avec une chaussée possiblement humide et des rafales de 25 à 30 km/h. Elles contextualisent la réponse du jour. Elles ne permettent pas d'attribuer un gain ou une perte en minutes.
131 bpm de moyenne, avec un astérisque
La cible cardiaque générale du plan se situait autour de 140 à 143 bpm. La moyenne réalisée est nettement plus basse et va dans le sens de ce que j'observe depuis plusieurs mois. Une seule course ne suffit toutefois pas à expliquer cette évolution.
Sur ce terrain, les descentes et les phases de roue libre abaissent mécaniquement la moyenne. Les conditions thermiques, les seuils utilisés, la qualité de la mesure et la réponse cardiovasculaire propre à ce jour peuvent aussi intervenir. Le pic à 156 bpm montre que le capteur a enregistré des valeurs élevées à certains moments, mais nous n'avons pas ici la distribution complète de l'effort ni les sensations ventilatoires et musculaires de François.
Je note donc les 131 bpm avec un astérisque : il manque les courbes détaillées et le ressenti de François. La course à pied dira si ce vélo a laissé des traces.
Après T2, 1 h 21 min 19 s sur le semi-marathon
Le scénario visait 1 h 24 min 05 s, environ 4 min/km, à 307 à 310 W. François court officiellement 1 h 21 min 19 s, soit 2 min 46 s plus vite. Son appareil enregistre 21,08 km en 1 h 21 min 03 s, 314 W moyens, 142 bpm de moyenne et 115 TSS.
Sur ce parcours, courir autour de 3 min 52 s/km après le vélo est un semi-marathon de haute volée. François signe le 36e temps pédestre et reprend 14 places avant l'arrivée.
Ses trois tours sont chronométrés en 27 min 26 s, 26 min 18 s et 27 min 35 s. Le deuxième est le plus rapide, puis le dernier revient à neuf secondes du premier. Si l'on coupe théoriquement la course en deux à partir de ces trois tours supposés égaux, on obtient environ 40 min 35 s puis 40 min 44 s. Ce ne sont pas deux splits directs à 10,5 km, seulement une estimation utile pour vérifier l'absence de rupture finale.
La fréquence cardiaque moyenne à pied, 142 bpm, reste elle aussi sous la cible prévue de 149 à 152 bpm. Cette seule moyenne ne justifie pas de revoir les cibles. Je retiens davantage l'ensemble : 314 W, un chrono plus rapide que prévu et un dernier tour revenu presque au niveau du premier.
De Lusigny à Thun, puis Gérardmer
Nous travaillons ensemble depuis la fin de l'année 2022. François avait déjà le moteur. L'enjeu était de le rendre plus robuste : produire autant, parfois davantage, pour un coût interne mieux maîtrisé, puis conserver ce rendement lorsque la durée, le dénivelé et la fatigue s'accumulent.
Lusigny 2026 avait apporté un premier repère en compétition sur le rapport entre puissance produite et réponse cardiaque. Le 5 juillet, l'IRONMAN Switzerland de Thun a donné une validation plus solide : un marathon en 3 h 04 min 19 s après 180 km de vélo. Gérardmer confirme la même tendance sur un parcours plus court, plus vallonné et plus nerveux.
Je relie ces courses parce que je suis François au quotidien depuis 2022. Elles ne disent pas, à elles seules, quel mécanisme physiologique explique chaque progrès.
Trois signaux pour juger le coût réel du vélo
- La production externe : durée, puissance, vitesse, dénivelé et manière dont l'effort se distribue sur le parcours.
- La réponse interne et les sensations : fréquence cardiaque, ventilation, douleur musculaire et perception de l'intensité, replacées dans le contexte du jour.
- La capacité restante après T2 : allure ou puissance encore soutenable, stabilité de la course à pied et évolution du classement.
À Gérardmer, nous avons la puissance, les chronos et les données cardiaques globales. Il manque encore le ressenti précis de François et les courbes détaillées par ascension.
Jusqu'où aller avec ces données ?
Je peux valider l'exécution du plan vélo et constater la qualité de la course après T2 : François a couru 2 min 46 s plus vite que le scénario et gagné 14 places.
Pour expliquer précisément les fréquences cardiaques basses ou la répartition de l'effort dans les ascensions, il manque les courbes détaillées et le ressenti de François. La météo replace la course dans son contexte, elle ne chiffre pas des secondes gagnées. Rien ici ne permet non plus d'affirmer qu'il aurait pu rouler plus fort sans le payer à pied.
Le débrief de Gérardmer
À Gérardmer, quatre chiffres suffisent pour rouvrir le dossier : 266 W NP, 212 TSS, 1 h 21 min 19 s à pied et 14 places gagnées après T2. Sur la prochaine course de François, je regarderai la même séquence avec ses courbes et son ressenti en plus.
Voir la publication Facebook consacrée à François.
Sources et méthode
Résultats officiels ACN Timing / Chronorace du Triathlon XL de Gérardmer 2026, dossard 965 : temps, rangs et passages, consultés le 11 septembre 2026.
Données de planification et fichiers réalisés issus du suivi BPC via Intervals.icu : puissance, fréquence cardiaque, charge calculée, distance et scénario prévu/réalisé, analysés le 10 septembre 2026.
Open-Meteo Historical Weather API : réanalyse au point de grille proche de Gérardmer, à 664 m d'altitude. Elle ne reproduit pas les conditions de chaque versant.
Applique cette lecture à tes propres courses :
Construire un plan de pacing Comprendre et comparer le TSS Croiser perception, puissance et fréquence cardiaque Explorer le hub vélo Explorer le hub course à pied